L’Atelier de Charenton, un cadre, un groupe, peindre pour soi
Des chercheurs ont montré que la créativité se développe par la pratique, dans un cadre stable et régulier.
Un atelier comme une cabane
La salle est claire et épurée, aux murs de liège, sans images ni objets qui dispersent l’attention.
Tout oriente le regard vers la peinture.
On s’y sent au calme, comme protégé.
La lumière reproduit celle du soleil.
Au centre de l’espace, 18 couleurs et 54 pinceaux d’artiste sont disposés sur une longue table en bois.
On peint debout, sur différents formats : de la feuille Raisin (50×65 cm) à des formats plus grands, jusqu’à la fresque.
On va et vient entre sa peinture et la table de couleurs. Ce mouvement rythme la séance.
Voici l’espace où évoluent les élèves, dans la vidéo de l’Atelier de Charenton, ici >
Comment se déroule une séance ?
Un accueil rituel
On met sa blouse.
On choisit de continuer son tableau ou d’en commencer un nouveau.
Chacun choisit sa place, Sandrine vient fixer la feuille au mur.
Entrer dans la peinture
On choisit une couleur, on prend le pinceau, on commence. Un rond, une maison, un soleil couchant, un chat…
Parfois, on hésite. C’est normal.
Sandrine peut proposer une idée très simple pour démarrer :
« Et avec du bleu ? »
Le geste démarre. Le tableau se met en route.
L’accompagnement
Sandrine accompagne chaque personne selon ce dont elle a besoin.
Elle observe puis intervient au bon moment.
Elle montre les gestes si nécessaire : tenir le pinceau, se placer, poser une couleur, en ajouter une autre, mélanger, superposer, laisser sécher, retoucher.
Elle aide chacun à franchir une étape sans faire à sa place.
Chacun avance à son rythme.
On apprend à construire une idée dans le temps et à la mener jusqu’au bout.
Le geste devient plus précis, plus libre.
Peindre pour soi
Ici, chacun est accueilli tel qu’il est.
Les âges et les niveaux sont mélangés, ce qui crée des échanges et stimule la créativité : les plus jeunes observent les plus grands, et les plus grands s’inspirent de la spontanéité des plus jeunes. Chacun avance à son rythme, sans comparaison.
La fin de séance
On retire sa blouse.
Le tableau reste à l’atelier.
On décide si on le continue la séance suivante ou si on en commence un autre.
Quand peindre fait du bien
Les enfants très timides trouvent leur place et ceux qui peinent à se concentrer deviennent capables de fixer leur attention.
Ceux qui disent « je n’ai pas d’idées » découvrent qu’ils en ont. On dessine davantage à la maison.
Ceux qui aiment déjà dessiner ajoutent une corde à leur arc.
Les adolescents et les adultes lâchent prise sur le résultat et se détendent.
Chacun prend confiance dans son propre geste et ses propres choix. Cette confiance se prolonge naturellement dans les autres apprentissages : face à un exercice nouveau ou une page blanche.
« C’est dans la répétition du geste que se construit la liberté de créer. »
Sandrine Sananès · Autrice du Geste de peindre (éd, L’Harmattan)
Organisation des séances
- Petits groupes de 8 à 10 personnes, pour un accompagnement individualisé
- Séances sans la présence des parents
- Fratries accueillies ensemble
- Matériel et grands formats installés avant chaque séance
- Tabourets et coussins pour peindre à la bonne hauteur
Carnet pratique
- Peinture directe, sans crayonné préalable
- Chacun remet son pinceau à sa place avant d’en prendre un autre
- Une étagère est à disposition pour les mélanges
- Approche inspirée d’Arno Stern et de Montessori
Suivi et vie de l’Atelier
- Les tableaux gagnent en caractère au fil de l’année
- Conservation des tableaux pour un suivi chronologique
- Remise des tableaux en pochette personnelle en fin d’année
- Sur demande, Sandrine rédige un écrit valorisant le parcours de l’élève
Selon l’âge, comment ça se passe
Maternelle créative
3-5 ans
- Le jeune enfant est captivé par le grand choix de couleurs sous ses yeux, ce qui l’aide à canaliser son énergie.
- Il découvre le plaisir de tenir un pinceau pour créer des formes libres, exercer motricité fine et graphisme.
- Il participe à une activité autonome et prend sa place dans le groupe.
- Des pauses assises sont prévues.
- Un rendez-vous découverte est conçu pour les tout-petits.
⏳ Séance : 45 minutes à 1h.
À 3 ans, la peinture est un langage qui se construit, comme les premiers mots.
Enfance créative
5-10 ans
- Il s’implique dans une activité qui développe patience et habileté.
- Il compose ses mélanges de couleurs et les expérimente directement (parfois même sur le bout de ses doigts). Il apprend à les nommer par leur vrai nom : vermillon, outremer, terre de sienne.
- Il affine son geste, ajoute des détails, découvre le travail sur très grand format.
- Il invente des univers qui existent ou sortent de son imagination.
⏳ Séance : 1h30
Le peinture, c’est le paradis de l’enfance : un jeu libre qui demande une attention totale.
« C’est simplement peindre, explorer, créer à ma façon, sans chercher à reproduire. » Nathan, 15 ans
Adolescence créative
10-18 ans
- Il ose peindre au-delà des contraintes scolaires et des modèles traditionnels
- Il explore des couleurs audacieuses, essayer des mélanges inattendus et trouver son propre style.
- Un atelier où l’on peut s’épanouir à son rythme, se sentir bien et progresser.
⏳ Séance : 1h30
Adultes créatifs
18 et plus…
- Peinture intuitive et gestuelle, loin des cadres académiques.
- Un moment de calme et de légèreté où l’expérience prime sur le résultat.
- La gouache est lisse, souple et couvrante : elle permet toutes les superpositions, tous les essais, et donne des résultats concrets rapidement.
⏳ Séance : 1h30
S’autoriser la liberté, avec toute l’énergie que cela apporte.
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