Photo Gilles Porte

L’enfant devient autonome quand il peut s’affranchir du regard des autres. J’ai compris que seul l’adulte, peut l’aider à cela. Sandrine Sananès

En prenant du recul sur l’éducation de mes enfants, Nina et Roman, 17 et 22 ans et en discutant avec eux, j’ai compris, de façon plus subtile, ce que leur a apporté le non jugement.
Dans leur enfance, ils ont passé des heures à peindre en liberté. Savoir dessiner à la manière d’un artiste ne les intéresse tout simplement pas. Ils sont détendus par rapport à l’art et plus généralement, par rapport aux normes. Ils sont sûrs d’eux sur ce plan ; juger ou influencer les créations des autres pour qu’elles leur plaisent à eux ne fait pas partie de leur univers. Nina m’a rapporté une scène dans un train, qui l’a beaucoup surprise. Devant elle, un père rectifiait le dessin de son enfant, en intervenant sur la feuille de papier ! Du jamais vu pour Nina qui a toujours crayonné spontanément, sans commentaires, au moins de ses parents ou de son frère. Ma fille est surprise que, d’un dessin, l’on attende un résultat.
« Tu peux faire le nez comme ça », « regarde, les proportions ne sont pas respectées », « colorie d’abord autour », « pourquoi tu dessines le personnage tout petit ? », sont des remarques que l’on fait tous à un moment, même moi, avant de connaître le pourquoi et le comment de l’expression libre.
Et quand l’enfant demande de lui faire un modèle ? On peut lui dire qu’il va trouver son dessin, bien à lui et ainsi le libérer d’une idée trop difficile qu’il se serait mise en tête de reproduire.

L’enfant cherche à avoir les compliments de ceux qu’il aime. Pourtant, dans le domaine de la création, l’enfant devient autonome quand il peut s’affranchir du regard des autres et, seul l’adulte, en face de lui, peut l’aider à cela. Etes-vous sur ce chemin ?

 

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