Les formations de Sandrine Sananès

  • L’enfant apprend-il à peindre ? Et l’adulte ?

Oui, il apprend à peindre, il apprend de façon informelle et ludique. C’est à dire qu’il n’y a ni thèmes, ni modèles à reproduire, l’important étant qu’il prenne confiance en lui et dans ses capacités créatrices. Grâce au cadre structurant et au respect de règles techniques simples, son expression va évoluer. Peu à peu, il va enrichir et maîtriser sa manière de peindre. 
Ses tableaux deviennent plus travaillés, plus personnels et plus libres. Après plusieurs années, mes élèves sont capables de représenter ce qu’ils veulent, et si cela les intéresse, ils découvrent d’eux-mêmes des notions académiques comme la perspective.
Pour l’adulte, le processus est un peu plus long. Il peint, il chemine et un jour, il lâche prise sur le résultat, pour s’exprimer librement. Tous les adultes peuvent retrouver la spontanéité de l’enfance; ce bénéfice est précieux.

  • Est-ce une activité solitaire ?

La concentration n’empêche pas la convivialité…
Chacun peint pour soi, mais les interactions avec le groupe sont très stimulantes. Les enfants échangent volontiers quand ils viennent tremper leurs pinceaux à la table à couleurs mais se parlent rarement quand ils sont face à leur feuille car chacun est centré sur sa création.
Des liens d’amitié se créent souvent entre les enfants, renforcés par les goûters et les événements organisés à l’atelier.

  • Voyez-vous « des choses » dans les tableaux ? Pouvez-vous déceler un problème chez l’enfant ?

Dans les tableaux, je vois d’abord des couleurs, du jeu, du bonheur. De par ma méthode et mon éthique, je ne fais aucune interprétation des tableaux. En même temps, je suis attentive aux besoins immédiats, de se détendre ou d’être encouragé de certaines personnes. Il ne s’agit pas d’art-thérapie pour analyser les problèmes de l’inconscient. Sauf problème grave, qu’il appartient aux spécialistes de traiter, le cadre solide et souple de l’atelier permet, si la fréquentation est régulière et suivie, de voir les enfants et les adultes s’épanouir et s’affirmer.

  • Puis-je voir les tableaux de mon enfant après chaque cours ?

Pour éviter que des enfants se sentent jugés, je pose une règle valable pour tous : les parents n’entrent pas dans l’atelier à la fin de cours. En effet, certains enfants sont gênés de montrer leurs tableaux et d’autres, notamment les adolescents, perçoivent les regards extérieurs comme une possibilité de compétition, contraire à l’esprit de l’atelier. Les parents qui souhaitent voir le travail de leur enfant peuvent le faire en prenant rendez-vous à tout moment de l’année.

  • Mon enfant vient de commencer l’atelier et me dit qu’il a envie de me montrer ses tableaux… Que faire ?

Pour bénéficier au mieux de la démarche de l’atelier, il est important que l’enfant puisse peindre pour lui-même, qu’il ne cherche pas à plaire à tout prix aux adultes. Prendre conscience que ses peintures lui appartiennent, qu’il a le droit de développer son expression personnelle, c’est un des plus beaux cadeaux que l’on puisse faire à un enfant. Expliquez la règle simplement et valorisez ce temps de créativité, de liberté et d’autonomie.

  • Peut-on emporter les tableaux à la fin de l’année ?

Quand j’ai ouvert l’atelier en 2007, je gardais les tableaux des enfants. Je venais de terminer ma formation où l’on enseignait que les parents ne devaient en aucun cas récupérer les tableaux, car ils allaient forcément les commenter ce qui allait gêner la spontanéité des enfants. Je suis toujours très attentive à cette dimension mais avec l’expérience, j’ai évolué et développé une réflexion personnelle. M’appuyant sur les relations de confiance établies avec les enfants et les parents, je trouve plus juste de donner la possibilité d’emporter les tableaux. Donc, depuis 2010, je confie les tableaux aux parents qui le souhaitent. Cela se passe au mois septembre après la fin des cours, ce qui permet de prendre un peu de distance et laisse le temps de préparer les pochettes de tous mes élèves.
En emportant les tableaux (ce que tous ne font pas) les parents deviennent les gardiens des tableaux de l’enfant, ils sont clairement informés des inconvénients de commenter les peintures.
J’assure l’archivage et le suivi des évolutions des enfants qui passent un an ou plus à L’Atelier de Charenton. D’autre part, les tableaux sont photographiés afin de constituer une mémoire de l’atelier et nourrir mon travail de réflexion et de recherche.

  • Faites-vous des expositions des tableaux réalisés dans votre atelier comme cela se pratique dans d’autres cours ?

Depuis la création de l’atelier, les peintures des élèves n’avaient jamais été exposées. En 2013, la galerie d’art municipal de Charenton a accueillie une première exposition autour de la démarche de l’atelier. Conçue en respectant l’esprit du Geste de peindre : ne pas juger les créations des enfants, ne comparer ni les enfants, ni leurs tableaux, cette exposition qui s’appuie sur l’idée que la peinture est un acte universel donnera au grand public l’occasion de voir la beauté de la peinture libre des enfants. N’ont été montrés que des tableaux d’enfants qui ne fréquentent plus l’atelier ou des tableaux des enfants qui peignent depuis longtemps et montrent une évolution picturale. Ces peintures étaient exposées sans indication de nom, ni d’âge. Quand je montre des tableaux pour les besoins d’un article, d’une conférence ou d’un film, je respecte toujours cette condition.

  • Quel rapport entre la pédagogie Montessori et celle de l’Atelier de Charenton ?

L’Atelier de Charenton n’a pas de filiation officielle avec la pédagogie Montessori. Toutefois, les directeurs et les enseignants d’école Montessori observent que nous avons le même regard sur le développement de l’enfant. Pour ma part, je comprends que ma méthode de création libre et la pédagogie Montessori se complètent et peuvent se nourrir l’une, l’autre. C’est pourquoi à la rentrée de septembre 2016, je crée avec l’Ecole Montessori Trilingue Internationale (EMIT), un second atelier de peinture et d’expression, que j’animerai tous les mercredis matins.

  • Mon enfant est timide quand il ne connaît pas. Me conseillez-vous de m’inscrire avec lui ou pas ?

Je propose que votre enfant fasse, seul, l’expérience de l’Atelier même si cela vous semble un peu difficile « au démarrage ». J’ai l’habitude d’accueillir les émotions de l’enfant et de résoudre ce genre de petits soucis. Après un temps d’adaptation et d’observation (qui peut-être très rapide), les enfants sont ravis de découvrir leur autonomie. Dans 99 % des cas, ils aiment peindre en liberté et les couleurs les attirent spontanément.

  • Je souhaite m’inscrire avec mon enfant et je me demande si c’est une bonne idée ?

Nous proposons des stages, ponctuels, parent / enfant. Il est important de savoir que vous peindrez avec le même matériel, mais chacun sur votre feuille de papier, sans dire à l’autre comment et quoi faire. Il vous appartient de savoir si vous êtes prêts à vivre cette expérience nouvelle et originale.
Dans le cadre d’une inscription annuelle, j’accueille séparément parents et enfants, dans des groupes différents.



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