
En juin, à L’Atelier de Charenton, je rencontre des parents venant m’expliquer ce qu’il se passe dans ‘leur’ école et me demander mon avis. Ils sont inquiets des commentaires de la maîtresse ou du maître sur les dessins de leurs enfants, d’après le test du bonhomme. Ils se renseignent sur internet, cherchent à se rassurer, si leur bout de chou est normal.
Le fameux test du bonhomme figure au programme de la maternelle, il consiste à demander à un enfant de dessiner en ‘temps libre’ un bonhomme sans gommer, chaque mois de l’année de septembre à juin et permet de voir le développement de l’enfant, dit-on. Il a été publié pour la première fois, en 1926, par la psychologue et enseignante Florence Goodenough dans le but de mesurer l’intelligence des enfants. Cet exercice n’est pas si rigolo que le joli cahier voudrait nous le faire croire, car dès l’instant où l’on mesure, on le fait par rapport à une norme, et à coup sûr, on juge !
Gare à ceux qui ne dessinent pas le bonhomme têtard à 5 ans ou ne rattachent pas les bras au corps du personnage à 4 ans. A ceux là, on va mettre une grosse pression, une grosse pression pour rien du tout car représenter ce que l’on voit viendra en son temps. NB : plus que tout, l’enfant a besoin d’avoir confiance en son parent et de sentir la réciprocité ou alors leurs relations basculent.
Malgré des adaptations du test, nous n’avons guère avancer depuis 1926 alors que l’on parle de la théorie des intelligences multiples depuis 1999 et que, ici, je milite pour l’expression spontanée (un système cohérent de signes picturaux universels indépendants de notre âge, de notre environnement et de notre condition, découvert par Arno Stern).


